Pour bien comprendre les origines de la crise financière et ses conséquences

Bonjour,

Je vous propose de venir assister à la projection d’un documentaire inédit sur l’enfer des « subprimes » ou comment les banques américaines ont pris des risques considérables pour une rentabilité immédiate en sacrifiant leur pérennité.

Qu’elles vont êtres les conséquences de ce crash planétaire sur l’économie réelle, les emplois, nos crédits et nos économies … Quelles sont les réponses que le Gouvernement propose …

Je vous invite mercredi 12 novembre à 19h30 au Café l’Etoile – place Jutard (stationnement LPA Fosse aux ours / métro Guillotière) pour comprendre et débattre de toutes ces questions. 

D’ici notre rencontre, voici quelques clés de lecture …

  

1. Comment la crise a-t-elle démarré ?

Aux Etats-Unis, avec l’emballement de l’immobilier.
Après le 11 septembre 2001, la Banque centrale américaine (FED) a baissé ses taux de 6,5% à 1% afin de doper l’économie, rendant par là même le crédit moins cher. Les établissements de crédits et banques se sont alors lancés dans une activité immobilière frénétique, faisant exploser les prix. De surcroît, les prêts consentis étaient souvent très risqués par rapport à la solvabilité des emprunteurs (les fameux « subprimes »). Ce phénomène a pris une dimension financière quand ces emprunts ont été transformés en titres financiers et revendus à des investisseurs, attirés par leur rendement. Avec la hausse des taux de la FED, les ménages, qui souscrivent majoritairement des prêts à taux variables, ont été pris à la gorge. Tandis que leurs mensualités augmentaient, les défauts de paiement ont bondi et ceux qui avaient acheté les produits financiers basés sur ces emprunts ont perdu leur argent.

 

2. Pourquoi est-ce une crise mondiale ?

Les banques de la planète sont interdépendantes parce qu’elles se prêtent de l’argent, investissent les unes chez les autres et dans les mêmes fonds. Les produits financiers basés sur les crédits immobiliers américains ont circulé dans les portefeuilles des banques et fonds d’investissements du monde entier sans que les risques ou même la nature réelle des produits soient vraiment connus. Concoctés par des génies de l’ingénierie financière, ils ont été mal évalués par les agences de notation, qui garantissaient qu’ils étaient sûrs.

 

3. Que risquent les banques françaises ?

Depuis un an, la crise des « subprimes » leur a coûté 18 milliards d’euros. Après la déroute de Lehman Brothers, Bercy a évoqué des répercussions « limitées ». Pourtant, la banque américaine doit à ses homologues français près de 4 milliards d’euros. Celles qui ont prêté le plus d’argent à leur consoeur, sans garantie et donc sans espoir de recouvrement, sont BNP Paribas (405 millions d’euros), la Société générale (479 millions d’euros), le Crédit agricole (270 millions d’euros) et Dexia (350 millions d’euros). Si les analystes croient dans la solidité du secteur bancaire en France, l’Association française des usagers des banques a indiqué avoir reçu en trois mois 250 appels et courriers de clients inquiets.

 

4. Quel est l’impact sur les entreprises ?

Les banques rechignent à prêter. Des milliers de PME sont au bord de la faillite, selon le Cerf, une fédération qui les représente. Et celle-ci juge « très insuffisante pour faire face à la crise » les 30 milliards d’euros prévus par les ministres européens des Finances pour les aider sur quatre ans. La patronne des patrons, Laurence Parisot, redoute « beaucoup, beaucoup de répercussions sur l’investissement » des entreprises.

 

5. Quel est l’impact sur les ménages ? 

Leur pouvoir d’achat est en jeu. Déjà, l’emploi pâtirait d’un ralentissement de la croissance mondiale et d’une baisse de la production des entreprises. Mais les ménages subissent aussi le «resserrement» du crédit. Les conditions exceptionnelles de ces dernières années dans l’immobilier (financement à 100% sans apport, sur plus de vingt-cinq ans, prêts relais importants) sont révolues. Mais les prix restant encore très élevés, le nombre de transactions a chuté dans le neuf comme dans l’ancien. Les grandes villes restent chères, tandis que certaines régions commencent à enregistrer de nettes baisses. Reste qu’en France, contrairement aux Etats-Unis, un prêt est toujours consenti en fonction des ressources, et les taux fixes sont largement majoritaires. Les spécialistes écartent donc le scénario d’une bulle.

 

Jean-Pierre Muller AFP / Archives : Le palais Brongniart, place de la Bourse à Paris

 

 

L’action du Gouvernement

Banques, économie, emploi : les mesures pour enrayer la crise.
Depuis plusieurs semaines, le Gouvernement a mis en œuvre un plan d’action en trois temps pour lutter contre les effets de la crise sur l’économie réelle. Il s’agit de soutenir le crédit, soutenir l’activité économique et l’investissement, et de soutenir l’emploi.

 

Depuis plusieurs semaines, le Gouvernement a mis en œuvre un plan d’action en trois temps pour lutter contre les effets de la crise sur l’économie réelle. Il s’agit de
- soutenir le crédit
- soutenir l’activité économique et l’investissement
- soutenir l’emploi
1. Premier volet de ce plan : la consolidation du système bancaire.

Les objectifs :
- limiter le risque d’effondrement des crédits : à savoir le fait que les banques hésitent à se prêter de l’argent entre elles et à en prêter à leur tour aux entreprises, aux collectivités locales et aux ménages.
- et rétablir la confiance sur les marchés financiers

Les moyens :
Pour cela, le gouvernement a adopté un plan de soutien aux banques.
320 Mds € : c’est le plafond de garantie accordée par l’Etat pour permettre aux banques de se refinancer.
40 Mds € : c’est le plafond de garantie accordée par l’Etat pour renforcer le capital des banques et éviter ainsi tout risque de faillite.

* * *

2. Deuxième volet de ce plan : le soutien concret aux entreprises

Objectif : Assurer l’accès au crédit des entreprises
Les moyens :
- 22 Mds d’euros ont été débloqués pour soutenir le financement des PME.
OSEO, la banque des PME, est ainsi en mesure d’apporter plus de garanties aux entreprises qui veulent investir.
- Les banques ont l’obligation d’utiliser les crédits que l’Etat garantit et les fonds propres qui leur ont été injectés pour faire du crédit à l’économie.
L’Etat assurera le suivi de la façon dont les banques accordent les prêts et veillera à ce qu’elles jouent le jeu. Les préfets et les trésoriers payeurs généraux sont mobilisés à cet effet.

Objectif : Encourager l’investissement privé
Les moyens :
- Les nouveaux investissements réalisés jusqu’à la fin de l’année seront exonérés de la taxe professionnelle. Le manque à gagner pour les collectivités locales sera compensé par l’Etat
- Le remboursement du Crédit Impôt Recherche sera accéléré

Objectif : Soutenir les entreprises en difficulté
Les moyens :
Un Fonds stratégique d’investissement national sera crée pour appuyer les entreprises qui doivent se restructurer. Ce fonds sera géré et financé par la Caisse des Dépôts et Consignations.

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3. Troisième volet de ce plan : le soutien à l’emploi

Objectif : Aider l’emploi dans le secteur non marchand
Les moyens :

La création d’emplois aidés va permettre à certains qui ne trouvent pas de travail parce qu’ils n’y sont pas prêts d’être accompagnés vers des emplois en entreprise. Il s’agit d’un tremplin pour avoir le maximum de chances d’obtenir un emploi en entreprise.
330 000 embauches au total sont prévues, 100 000 contrats supplémentaires que ce qui était initialement prévu.

Objectif : Instaurer une « sécurité sociale professionnelle »
Les moyens :

- Accélérer la mise en place de guichets uniques (100% pour l’été 2009)
- Accélérer l’instauration d’un entretien unique pour la recherche d’emploi et l’indemnisation

Objectif : Une plus grande réactivité face aux restructurations et aux plans sociaux
Les moyens :
- Le Contrat de transition professionnelle sera étendu aux bassins d’emplois touchés par la crise.
- Le gouvernement va très prochainement étudier la généralisation d’un dispositif calqué sur le contrat de transition professionnelle.
- Le « fonds national de revitalisation des territoires » sera opérationnel d’ici la fin de l’année. Il doit inciter l’implantation d’entreprise sur les territoires ayant subi des restructurations.

* * *

L’ensemble de ces mesures doit permettre de limiter l’impact de la crise sur notre économie et sur les Français.
Tous les Etats membres de l’Union européenne ont mis en place des plans d’action nationaux pour soutenir leur économie.
Ce mouvement s’est fait sous l’impulsion du Président de la République.

  1. Archie

    bonne initiative, qui permettra, 8 jours après l’élection américaine, de bien se remettre en tête l’origine de la crise.

  2. La grenouille bleue du plateau

    Excellente initiative en effet…
    Car l’état de Grace du futur Président US risque d’être de très très courte durée.
    Des éclairages objectifs s’imposent sur cette crise, pour le commun des mortels que nous sommes.
    Le banques en France ne sont pas prêteuses, elles observent à la loupe les petites cigales dépensières ( nous et nos créditts à la conso, ou nos prêts)…et ne feront pas de cadeaux…vu le défi qu’elles ont à assumer pour sauver les entreprises nationales.
    Mouais…