LE PS SERAIT-IL UN PARTI PUSILLANIME?

Je sais que le titre peut interpeller mais il s’agit du sentiment que j’éprouve ce matin après la situation rocambolesque vécue hier soir par Arlette Chabot dans son excellente émission

A Vous de Juger. Elle avait décidé d’organiser un débat sur l’identité nationale avec comme invité principal Eric Besson,le ministre de l’immigration et de l’identité nationale, qui devait débattre avec Marine Le Pen,député européenne et vice-présidente du Front National,et Vincent Peillon pour le Parti Socialiste.Cependant,les téléspectateurs et Arlette Chabot ont eu la désagréable surprise de voir que Mr Peillon avait fait faux bond au dernier moment par une dépêche AFP publiée sur son blog à 21 H,c’est-à-dire en pleine émission !Pour justifier sa décision,il déclare que «la direction de France 2 et Arlette Chabot n’ont pas trouvé mieux, en cette rentrée 2010, que de consacrer la seule émission politique de début de soirée à Eric Besson et de le faire dialoguer avec Marine Le Pen, prenant ainsi en otage le service public et les personnels qui y travaillent. ».Rien que cela ! La rédactrice en chef de l’émission,Nathalie Saint-Cricq,a qualifié l’attitude de Mr Peillon de « méthode de voyou » car ce monsieur avait prémédité son acte dans le seul but de faire parler de lui et « d’entrer en résistance » selon ses termes.

En lisant son communiqué(je vous l’avoue,cela a été une torture !!!!),je comprends au fond son absence.Mr Peillon est le symbole d’une opposition qui essaie par tous les moyens d’éviter un débat qui au fond le dérange et l’embarasse.S’il veut reconquérir le pouvoir,le PS doit se concilier à la fois le soutien des électeurs « populaires » et des « bobos » qui constituent son socle électoral.Sur ces sujets,les positions sont complètement opposés.Les électeurs issus des classes populaires veulent majoritairement des contrôles stricts sur l’immigration tandis que les « bobos » du PS sont assez laxistes sur l’immigration et favorables à de larges régularisations.Ils ne peuvent pas trancher dans un sens ou dans l’autre car ils savent que les choix qu’ils feraient susciterait l’adhésion d’une partie et la défiance de l’autre.En outre,il ne faut pas oublier que le PS nous ressort de la naphtaline sa proposition de droit de vote pour les immigrés.Pour les plus jeunes,cette idée faisait partie des « 110 propositions » du candidat François Mitterrand en 1981 !Le Parti Socialiste avait une chance historique de montrer qu’il était capable d’être une opposition crédible(car dans toute démocratie,il faut une majorité et une opposition) et ils ont laissé passer cette chance par sectarisme ou intransigeance…ou par lâcheté.

Pour finir,je citerai deux passages résumant bien mon papier.

Le premier est la phrase de Jean-Pierre Raffarin en 2003 : « Le PS préfère le parti à la patrie ».    

Le deuxième est un passage du livre Hold-UPS, Arnaques et Trahisons qui décrit assez bien Mr Peillon : « Personnage schizophrène comme le décrit Bertrand Delanoe,philosophe qui pense le socialisme et apparatchik prêt à toutes les manœuvres pour abattre ses rivaux. »

Jonathan JAMET, militant de la 3e circonscription du Rhône

  1. Quentin R.

    Moi aussi je suis très choqué et déçu par l’attitude non seulement de Vincent Peillon, mais aussi du PS, surtout de sa première secrétaire, Martine Aubry. Ce geste de Monsieur Peillon est véritablement lâche de sa part.
    Il aurait été mieux pour lui ne refuser de participer au débat plutôt que dire oui mais non finalement. Ça ne l’arrange pas (déjà qu’il avait qualifié de « crève-cœur » d’être tête de liste dans le Grand Sud-Est, merci pour les électeurs), et ça dis-crédibilise un peu plus le PS…
    Qui plus est, Monsieur demande ensuite un vrai débat ?? Mais un débat avec Arlette Chabot, qui ne démérite pas face aux attaques incessantes de la Gauche : souvenez-vous, lors du débat Cohn-Bendit/Bayrou en Juin, Monsieur Mélenchon avait osé lui dire « Allez au diable Madame Chabot »..
    J’espère que l’UMP/Le Gouvernement récupérera le temps de parole non utilisé par le PS, et que le PS parviendra à la maturité nécessaire pour apparaître comme un parti de gouvernement…

    Une petite touche d’humour pour conclure ? D’Anne Roumanoff « Si Mitterrand se retournait dans sa tombe à chaque conneries du PS, en ce moment il doit faire ventilateur…. »